Nouvelles tourisques

D’un métissage personnel à un métissage littéraire...(partie 2)

A ce sujet je ne puis passer sous silence les relations de j’entretins avec Nguyên Trai, au long de ces années,à la fois empreintes d’intimité - comme si à travers les siècles je lui avais adressé ce message : « Me voici ! Disposez de moi ! Inspirez-moi ! » et de distance respectueuse. Invocations quotidiennes au milieu des vicissitudes de la création romanesque, de mes difficultés infinies, auxquelles toujours sous quelle que forme que ce soit il répondit. Certains souriront sans doute qui ne savent pas parler la langue des fantômes, mais pardonnez cette immodestie, c est un fait que nous autres Bretons dès le berceau, la connaissons. C est celle que murmurent nos forêts et nos rivages et nos landes et nos pierres debout. Jamais pourtant je ne me sentis aussi proche de lui et aussi démunie pour le dire que sur la colline de Côn Son, à l’heure de la tragédie du Verger des Litchis, et là encore, il me soutint. Preuve qu’il existe entre le Viêt-nam et notre terre bretonne, je dirai celte, bien des correspondances dans le commerce que nous entretenons avec les morts où nos cultes des ancêtres se rejoignent et nos énergies convergent.
Mais dans ce travail de dépossession apparente d’un côté, car tout un vieux fonds celte restait chez moi en éveil, et d’acquisition de l’autre pour ressusciter le Daï Viêt du XVe siècle, l’instrument d’investigation et de transcription était et restait, omniprésent, le français. Et curieusement, le fait d’utiliser notre langue devait ne jamais me faire oublier mes propres référents culturels. Dans une situation d’échange, en jouant sur le charme exotique des traductions littérales, sur l'humour ou la férocité des proverbes, les formules épistolaires, les codes sociaux, la carte du tendre des Vietnamiens, en même temps que sur tous ces phénomènes de captation, de transposition conscients ou inconscients propres à l’acte d’écrire, je développai ce que j’appellerai une « francophonie intérieure » à l’usage d’un Daï Viêt non francophone du XVe siècle. C’est à elle autant qu’à la culture vietnamienne que je dois ce rêve éveillé du Viêt-Nam du XVe siècle qu’est Dix Mille Printemps.
 
Sans doute fallait-il outre le travail de recherche et l’amour du Viêt-Nam, beaucoup de naïveté, de jeunesse d’âme, pour tenter de produire une œuvre qui soit certes convaincante pour les lecteurs français et les lecteurs vietnamiens francophones mais également acceptable et reconnue par les lecteurs vietnamiens. Maintenant que l’ouvrage a été publié en vietnamien à Hanoï en 1997, j’ai le sentiment qu’il a retrouvé après un long détour par l’Occident, ses sources premières, sa patrie, et aujourd’hui lorsque les lecteurs vietnamiens le lisent dans leur langue en s’étonnant de cet amour étrange et sans doute exotique de cette « dame française » pour leur grand Nguyen Traï et leur Daï Viêt du XVe siècle, ne s’agit-il pas là d’un accomplissement et d’un miraculeux partage? Pour ma part, je le ressens ainsi.
 
C’est sans doute cela « s’ouvrir aux mondes des temps et des pays lointains pour faire émerger de ses profondeurs des parts fraternelles méconnues » pour reprendre la très belle formule de Henry Bouillier à propos de Victor Segalen. Et ainsi enrichi et approfondi par la connaissance de l’Autre savoir qui l’on est soi-même et quelles sont ses racines.
 
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Appréciations de vive voix

Commentaire


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  • Marie Rumignani
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  • François Pierre
    C'était très formidable ce voyage !! Ce que je regrette; c'est d'avoir eu très peu de temps. Je ...
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